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Tout est affaire de bulles (thème « Au cas où »))

Etsi et Aucasoù filaient le parfait amour. Ils se complétaient si bien ! À chaque fois qu’elle disait :

 

- Et si nous allions…,

 

il répliquait immanquablement :

 

- Oh oui ! Quelle bonne idée ! Prenons ça au cas où.

 

Ainsi, leurs escapades impromptues bénéficiaient de la spontanéité d’Etsi et de la prévoyance d’Aucasoù. Jamais l’élan du moment n’était gâché, faute d’avoir le bon équipement ou une réservation opportune en haute saison.

 

Aucasoù jouissait pleinement des idées d’Etsi, qui mettaient tant de joie et de légèreté dans sa vie. Quant à Etsi, elle aimait l’en train dont faisait preuve Aucasoù pour suivre chacune de ses lubies, et se sentait tout à fait rassurée par la prévoyance de son compagnon.

 

Bref, c’était l’harmonie sans aucune fausse note.

 

Oui, mais voilà…

 

Avec le temps, Aucasoù s’essoufflait à toujours tout prévoir dès que sa belle s’enflammait. Il devait aussi reconnaitre que son côté casanier était bien malmené depuis qu’il connaissait Etsi. Ce qui l’avait séduit, puis attendri, finissait par le fatiguer, voir l’irriter. Il rêvait d’un petit week-end dans son canapé (après avoir fait les courses nécessaires, ça va de soi !)

 

De son côté, Etsi n’était dépérissait aussi. L’état d’esprit « tout est paré » de son compagnon lui pesait de plus en plus. Elle qui n’était qu’impulsion et spontanéité souffrait de l’étape « prévoyance » devenue incontournable. Quand elle lançait : « Et si nous roulions jusqu’à la mer ? », ce qu’elle voulait vraiment dire, c’était : « Roulons jusqu’à la première plage et jetons-nous dans l’eau. »

Peu lui importait d’avoir ou non un maillot de bain ou de savoir où ils dormiraient. Ce qui comptait, c’était de suivre l’élan du moment, de vivre intensément l’instant, sans se soucier des détails.

Si au début, elle avait apprécié le fait d’avoir une chambre réservée après une telle idée, avec le temps, elle considérait cette prévoyance comme un frein.

 

Vous l’aurez compris, Etsi et Aucasoù s’étiolaient au contact l’un de l’autre.

 

Pour Etsi, la vie avait perdu toutes ses bulles. Tandis qu’Aucasoù était en ébullition.

 

Ils se décidèrent un beau jour à se parler. Si chacun avait redouté ce moment, ils éprouvèrent rapidement en grand soulagement.

Ils se quittèrent en toute sérénité, un sourire aux lèvres et le cœur léger, heureux de reprendre le cours de leur vie.

 

Aucasoù redécouvrit les joies d’user de sa prévoyance à son rythme, selon ses envies. Etsi jubilait de suivre son instinct en ne pensant à rien d’autre.

 

Et puis…

 

Au cours d’une soirée avec des amis, Etsi entendit ce début de phrase : « Que diriez-vous de… »

 

Intriguée, elle chercha d’où venait la voix au timbre chaleureux. Elle vit alors l’homme qui avait prononcé ces mots.

Elle s’en était rapprochée, lorsqu’il dit : 

 

- Que diriez-vous d’aller à la mer ?

 

Autour de lui, certains se taisaient, un peu gênés, d’autres émettaient des réserves.

Quant à Etsi, elle planta ses yeux dans ceux de l’intrépide invité et ressentit une joie profonde en voyant y pétiller une myriade de bulles…

 

L’histoire ne raconte pas ce qu’il advint d’Aucasoù, mais n’ayez aucune inquiétude, il aura sans doute tout prévu !

 

 

 

 

08/03/2024



20/06/2024
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